Symptômes anxieux chez les enfants et adultes avec TSA
Les symptômes d’anxiété peuvent inclure :
- Phobies
- Troubles obsessionnels-compulsifs (TOC)
- Anxiété généralisée
- Attaques de panique
- Forte angoisse face aux changements
Chez certains enfants ou adultes, l’anxiété est masquée par des comportements autistiques : rituels, retrait social, isolement sensoriel. Selon van Steensel (2011), 40 à 70 % des personnes autistes présentent un trouble anxieux, ce qui souligne l’importance d’un diagnostic précis et d’une prise en charge individualisée.
Mécanismes biologiques et cognitifs
Sur le plan neurologique, l’anxiété chez les personnes avec TSA serait liée à des dysfonctionnements dans l’amygdale, l’hippocampe et le cortex préfrontal, impliqués dans la régulation des émotions et les interactions sociales. Des facteurs génétiques ou épigénétiques peuvent également jouer un rôle, comme le suggèrent les recherches de l’Institut Pasteur et les travaux de Thomas Bourgeron. Cognitivement, la rigidité mentale, les biais attentionnels, la sensibilité sensorielle et les difficultés d’adaptation renforcent les symptômes anxieux et peuvent contribuer à l’épuisement psychologique et au burnout autistique.
Diagnostic et repérage précoce
Le repérage repose sur une évaluation clinique fine, avec des outils adaptés aux particularités du TSA. Les questionnaires classiques peuvent sous-estimer les difficultés en raison des spécificités langagières ou comportementales. Une collaboration entre psychologues, pédopsychiatres, éducateurs, parents et enseignants est essentielle pour détecter les signes précoces et proposer des interventions adaptées avant que les troubles ne s’aggravent. Les recommandations de la HAS insistent sur l’inclusion, la santé mentale et l’adaptation des soins aux besoins spécifiques des personnes autistes.
Interventions et accompagnement
La prise en charge de l’anxiété chez les personnes TSA est pluridisciplinaire et individualisée :
- Thérapies cognitivo-comportementales (TCC) adaptées : renforcent compétences sociales, gestion émotionnelle et flexibilité cognitive, avec supports visuels et structuration claire du quotidien.
- Traitements médicamenteux : antidépresseurs (ISRS), anxiolytiques utilisés avec prudence, notamment chez les enfants.
- Interventions complémentaires : mindfulness, thérapies sensorielles, communication alternative (PECS, Makaton), approches basées sur le jeu pour réduire le stress et améliorer les interactions sociales.
Enjeux de recherche et perspectives
L’anxiété chez les personnes autistes constitue un enjeu majeur de santé publique. Les associations, professionnels et institutions de recherche appellent à :
- Renforcer l’évaluation et l’accompagnement
- Étudier les causes génétiques, environnementales et psychosociales
- Développer des interventions inclusives et fondées sur des preuves
La détection précoce, la sensibilisation des familles et le respect des singularités autistiques sont essentiels pour améliorer la qualité de vie et favoriser une prise en charge humaine et efficace.


